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L’art de ne pas savoir: la force de la vulnérabilité.

  • Photo du rédacteur: Coralie Sawruk
    Coralie Sawruk
  • 29 janv.
  • 2 min de lecture

Ganesha à Bali
Chocolate hills, Bohol, Philippines photo par Coralie Sawruk | Tous droits réservés

Je dois vous avouer une chose. Les corps me parlent pendant les cours de Yoga.


Pas tous. Certains ne disent rien. Ils s’illuminent peu à peu. Il se libèrent d’un carcan invisible.

D’autres hurlent en silence.


Je vois des mâchoires serrées. Des souffles courts.

Des yogis agacés de ne pas y arriver.

Des yogis qui se forcent à rentrer leurs postures, bien que leur corps fasse le max depuis un moment.

Des yogis déterminés qui cherchent la posture parfaite, en laissant de côté que le seul véritable critère de réussite est sensoriel — intime, propre à chaque personne.


À chaque fois, je me demande pourquoi.


Est-ce que je regarde chaque yogi et les juge selon leur capacité à imiter la posture que je démontre ?(Ce n’est pas le cas)


Ont-ils oublié qu’au yoga, tout de nous est bienvenu — y compris nos zones fragiles, hésitantes, vulnérables ?


Sont-ils victimes d’un monde qui récompense la performance, qui laisse croire que ne pas savoir, ne pas réussir, serait un manque ? (Un manque de quoi, au juste — d’intellect, de caractère, d’expérience ?)


L’art de ne pas savoir: la force de la vulnérabilité


Il suffit d’un instant, pour que les limites que l’on pose naturellement dans notre relation aux autres explosent quand il s’agit de s’habiter soi-même.


Et pourtant…

Quel soulagement de ne pas savoir. Et de ne pas avoir à savoir.


Il n’y a pas grand-chose à savoir en Yoga. La seule chose à connaître, c’est soi-même.


La posture n’est qu’un outil. Une autre manière de se regarder dans le miroir que le Yoga nous tend.


L’art de ne pas savoir: la force de la vulnérabilité, c’est poser les bases de notre plus grande force.

Ouvrir le champ des possibles. Apprendre. S’adapter.


Le Yoga nous fait grandir. Pas dans une quête identitaire. Mais au contraire, en nous invitant à abandonner les rôles que l’on se donne, à revoir nos échelles de valeur tout autant que les limites que l’on se donne avec Soi.


À ouvrir les yeux, encore et encore, sur la version de nous qui existe ici et maintenant.


L’accueillir avec chaleur.

L’écouter, avec tout le bagage qu’elle dépose en arrivant.

L’encourager.

La valoriser à travers notre propre regard, sans attendre la reconnaissance d’un autre être humain.

(Qui le fera, si nous ne nous tendons pas d’abord la main?)


Cette posture, cette attitude, ce n’est pas seulement sur le tapis qu’elle se pratique. C’est une manière d’habiter une vie où on se donne le premier rôle, où on tente de s'accepter sans chercher à correspondre ni plaire.


Le chemin du Yoga vient illuminer nos zones d'ombre. Pour autant que l'on consente à les tourner vers la lumière.






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