Le yoga ne supprime pas le stress — il vous apprend à vivre avec.
- Coralie Sawruk

- 5 mars
- 3 min de lecture

Lorsque j’ai une conversation avec quelqu’un qui souhaite s’inscrire au Yoga, je lui demande ce qui l’amène. La voix de l’autre côté de la ligne s’interrompt un instant. J’entends parfois une grande inspiration.
Peut-être qu’il y a une blessure pas tout à fait refermée. Un changement de vie récent. Quelque chose de plus difficile à dire.
Je sais ce que ça fait de murmurer une petite vérité sur Soi.
Cette fois-ci, le ton est un peu trop sincère.
“Oh, vous savez, j’ai besoin de me débarrasser de mon stress”
Je ne vais pas tout de suite lui asséner l’implacable vérité.
Que la gratification instantanée, au Yoga, ça marche pas des masses. Que l’on vient pour apprendre à gérer et non trouver des solutions toutes faites. Que comme toute chose que l’on apprend, c’est difficile. La vulnérabilité, au début, c'est frustrant. D’autant plus quand on arrive alourdi de son bagage de vie.
Mais que par petites touches, le Yoga fera son oeuvre. Le cours lui donnera une sensation de calme.
Ça durera un certain temps: la classe, les heures ou les jours d’après. Peu à peu, l’emprise que le stress a sur elle diminuera.
Pour ça, il faudra naviguer la difference subtile entre le moyen et la destination.
Le yoga ne supprime pas le stress : ce que la pratique fait vraiment
S’étirer et sentir les tensions se dissoudre. Canaliser la respiration. Nous donner un point d’ancrage autre que nos pensées qui tournent en boucle. Finir sa séance serein·e.
Ces effets physiologiques indéniables, on les ressent tous lors de notre pratique. On a l’impression que ça marche, parce c’est vrai: la technique sophistiquée qu’est le Yoga fait des merveilles sur la régulation de notre système nerveux.
Mais le vrai travail, il se fait au long cours.
Spontanément, on respire calmement, régulièrement plusieurs fois par jour.
On se rattrape au vol quand on commence à tourner en boucle sur un problème qui, quand on y regarde de plus près, est une simple projection mentale.
Aller prendre l’air au lieu de s’abrutir devant la TV devient un choix naturel.
Le côté positif du quotidien se vit plus intensément: sentir le soleil nous chauffer le visage, une franche rigolade avec des amis.
Une grande partie du Yoga, c’est apprendre à construire les conditions qui nous permettent de vivre avec l’intensité émotionnelle de nos problèmes quand il apparaissent.
Parce que les heures de pratique nous ont donné les outils et la force intérieure de garder une certaine forme de constance quand la vie vient nous chahuter.
***
Ma nouvelle yogini a trouvé sa place dans un de mes cours. Un peu timide au début, elle s’ouvre peu à peu. Un sourire à sa voisine de tapis. Un soupir avant le savasana.
Un mardi soir, alors que je termine de ranger la salle, elle s’approche sans prévenir. Elle veut renouveler sa carte de cours.
“Ça me fait du bien de venir. Et ça dure parfois plusieurs jours! Tu vois, quand j’ai des soucis au boulot, je le vis mieux.”
Elle me remercie.
Je la félicite.
Le vrai job, c’est elle qui l’a fait.
A l’heure actuelle, bombardés de stress de toutes parts, il faudrait passer sa journée en lotus pour rester sain d’esprit!
Le côté abrasif du quotidien viendra nous irriter suffisamment tôt. Mais on aura la force de ne pas gratter la croûte, de laisser la cicatrice se refermer. On a les vacances à planifier et des amis à inviter pour dîner 😉




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